La famille Rochefort, propriétaire du Camping Lac des Pins

Partager

Fondateurs du Camping Lac des Pins en 1966, Denis Rochefort et sa famille en sont toujours propriétaires. Participants assidus à nos congrès annuels et fins observateurs de l’évolution du camping, les membres de cette famille ont accepté avec plaisir de partager leurs observations et réflexions avec Camping Québec.    

CQ : Avec plus de 1100 emplacements, votre camping est parmi les plus gros au Québec. Quelle formule avez-vous développée pour y assurer une ambiance où chaque client s’y sent chez lui?

Famille Rochefort : Nous avons priorisé les besoins de chacun de nos campeurs, en essayant de répondre le plus possible aux attentes de la majorité de ceux-ci.  Afin de satisfaire notre clientèle, nous avons la tradition d’investir dans notre camping. Ainsi, il y a place à un nouveau projet presque tous les ans. Plusieurs spectacles de différents styles sont présentés à notre salle communautaire afin de divertir la clientèle. Des activités organisées sont à l’horaire pour intéresser les campeurs, ainsi qu’une panoplie de services offerts afin qu’ils aient tout à proximité, dans le but de passer un séjour agréable. Comme exemples de services, mentionnons épicerie, restaurant, buanderie, gym, salon de coiffure.  De surcroît, il est primordial pour nous de recevoir la clientèle avec le sourire et de façon personnalisée.

CQ : À l’origine, qu'est-ce qui vous a motivés à devenir propriétaires d’un terrain de camping?

Famille Rochefort : Le camping Lac des Pins a fêté ses 45 ans d’existence l’été passé.  J’ai (Denis) acheté ce lot de terrain ayant une sablière en opération lorsque j’avais 25 ans. J’étais boulanger avant d’être propriétaire de camping; j’ai commencé avec un camion et quelques années plus tard, j’avais cinq camions de pain sur la route avec des employés à ma charge.  J’ai toujours été entrepreneur dans l’âme. Au moment où M. Macchabé  m’a approché afin de me vendre la sablière, tout mon entourage craignait que cela ne fonctionne pas, car c’était un gros investissement pour quelqu’un à peine âgé de 25 ans. De plus, à cette époque, l’industrie des terrains de camping n’était qu’à ses débuts. Le lot de terre en question était au départ une carrière de sable, d’où l’apparition de nos deux lacs artificiels maintenant pour la baignade. C’était l’année qui précédait l’Expo 67. À cette époque, la clientèle était davantage des pique-niqueurs qui passaient la journée en famille et quelques campeurs en tente qui venaient camper les fins de semaine. Je me souviens qu’à l’époque, au lieu d’aller à l’Expo 67 comme tous les gens de mon âge, j’étais resté à l’entrée de mon camping afin d’y accueillir les quelques campeurs. J’allais aussi porter mes dépliants dans les boîtes aux lettres des gens à Montréal. C’est le défi de réaliser mes propres projets qui m’a poussé à devenir propriétaire de camping. Les premières années furent donc consacrées à l’amélioration du site ainsi qu’à la construction de quelques nouvelles rues.

CQ : Vous avez participé à plus de 45 congrès de Camping Québec. Qu’est-ce qui vous incite à y revenir chaque année?

Famille Rochefort : Pour notre famille, c’est une tradition d’assister au congrès annuel de Camping Québec, c’est en fait un événement à ne pas manquer. Il est important pour nous de nous unir avec les autres propriétaires de camping, aidés par des gens compétents de l’Association, afin que l’on grandisse ensemble dans notre industrie avec les idées de tout un chacun. De plus, le congrès de camping est un lieu où nous pouvons apprendre beaucoup avec des ateliers intéressants, des fournisseurs qui peuvent nous venir en aide et, bien évidemment, passer beaucoup de temps dans les corridors pour pouvoir échanger et partager nos expériences avec tout un chacun. Il n’y a pas de compétition à mon (Denis) avis dans le secteur du camping : nous offrons des produits semblables et différents à la fois.  Ainsi, le fait de partager nos idées et nos façons de faire peut aider d’autres propriétaires de camping, et vice-versa. Je ne peux compter le nombre de terrains de camping que j’ai pu visiter en 45 ans et le nombre de propriétaires de terrain de camping qui sont venus visiter le nôtre. Le congrès peut ainsi nous faire découvrir un réseau de gens d’expérience dans le même domaine que nous et nous faire acquérir de nouvelles idées.

CQ : Comment prévoyez-vous assurer la relève pour la continuité de votre entreprise?

Famille Rochefort : Je (Denis) suis très chanceux, car j’ai deux filles qui prennent la relève. Elles ont débuté jeunes à travailler avec nous, elles ont étudié en administration et travaillent depuis plus de 17 ans avec nous. Elles ont acquis l’expérience avec toutes ces années. C’est certain que c’est une autre génération, avec l’arrivée de nouvelles technologies : ordinateur, Internet, WiFi. Elles apportent de nouvelles idées pour le camping. Nous avons toujours travaillé ensemble en équipe; pour nous, la famille, c’est très important. Nous sommes très fiers qu’elles désirent continuer la relève du camping.

CQ : L’industrie du camping évolue au fil des ans. D’une part, quelles constantes et, d’autre part, quelles nouvelles tendances y voyez-vous?

Famille Rochefort : La constante est que les gens aiment toujours faire du camping. L’industrie n’a pas diminué depuis plusieurs années; au contraire, c’est de plus en plus populaire. Les baby-boomers à la retraite ainsi que les petites familles exercent toujours le camping comme activité estivale.

La nouvelle tendance est certainement la mode des gros véhicules récréatifs. Il faut prévoir des terrains assez grands pour ce genre d’équipement. Les petites familles autant que les retraités en sont propriétaires. Maintenant, il y a beaucoup moins de tentes et tentes-roulottes. Les campeurs veulent des grands terrains pour leur équipement, de l’Internet pour leur portable. La nouvelle vague de campeurs participe moins aux activités; ils préfèrent le confort de leur véhicule récréatif afin de regarder un film, au lieu de venir le voir au cinéma en plein air. Les enfants participent moins aux activités avec les monitrices, ils préfèrent rester en famille. Nous devons ajuster les activités à la nouvelle génération de campeurs.

CQ : Si un jeune propriétaire vous le demandait, quels premiers conseils auriez-vous à lui donner s’il souhaite faire carrière dans notre milieu?

Famille Rochefort : Ce milieu requiert énormément d’investissement personnel. Il faut donc ne pas avoir peur de se mettre au travail, être persévérant, aimer le public et toujours avoir en tête quelque chose à leur apporter de nouveau l’année suivante, soit une nouvelle activité, une nouvelle installation. Toujours garder en mémoire que la génération de campeurs d’aujourd'hui a besoin constamment de nouveauté afin d’être satisfaite. 

CQ : La réglementation concernant les terrains de camping est de plus en plus pointue et volumineuse. Cette réglementation est-elle trop contraignante ou somme toute avantageuse pour le propriétaire?

Famille Rochefort : Elle est définitivement trop contraignante pour le propriétaire de terrain de camping, spécialement en ce qui a trait aux règlements de piscine et de plage. La Régie du bâtiment et la Société de sauvetage sont très sévères et pas vraiment à l’écoute de tierces personnes. Par exemple, auparavant, il n’y avait pas de corridor de baignade dans les lacs; maintenant, 50 % de nos lacs artificiels ne sont pas utilisés à cause des périmètres de sécurité. Prenons aussi comme exemple les taxes municipales sur les biens considérés comme immeubles cela requiert une autre logistique qui demande du temps à gérer pour toutes les parties. Ce ne sont que deux exemples parmi plusieurs.

CQ : Selon vous, en quoi le campeur de demain sera-t-il différent de celui d’aujourd’hui?

Famille Rochefort : À notre avis, le campeur de l’avenir est beaucoup plus exigeant. Il ne donne pas droit à l’erreur. Il doit en avoir pour son argent, comme dit l’expression. C’est pour cette raison qu’il est important de ne pas arrêter d’investir dans nos campings si nous voulons garder notre clientèle. Ils vont en demander davantage, alors essayons d’être avant-gardistes dans notre industrie. Soyons à l’affut de ce qui se fait ailleurs et essayons de satisfaire les multiples besoins que la clientèle d’aujourd’hui semble avoir en grand nombre.  La nouvelle ère des technologies ne doit pas être ignorée, car cette apparition est non négligeable quant au genre de camping que les gens recherchent en 2012. Nous devons absolument repenser aux attraits que la clientèle d’aujourd’hui requiert.

CQ : Gérer un terrain de camping implique le recrutement et l’embauche d’employés saisonniers. Dans votre cas, il s’agit de 58 employés saisonniers. Que faites-vous pour vous assurer d’une équipe forte année après année?

Famille Rochefort : J’ai (Denis) eu la chance d’avoir une famille et un bon groupe d’employés qui m’entouraient dès le début de l’aventure. La qualité du travail de chacun est le secret de la réussite; que faire sans le support physique et moral de la famille immédiate? Nous sommes chanceux que nos employés aiment travailler au Camping Lac des Pins, nous avons un très beau groupe avec des talents diversifiés. Des gens compétents qui aiment ce qu’ils font doivent être principalement motivés par des défis et nous leur donnons toute l’autonomie possible pour la réalisation de nos projets communs. Les employés se sentent impliqués et font partie du camping eux aussi.

CQ : Camping Québec fête ses 50 ans en 2012. Si elle veut être encore là pour les 50 prochaines années, à quoi doit-elle absolument s’en tenir?

Famille Rochefort : Être à l’écoute de ses membres, afin que nous continuions à travailler ensemble dans le but de faire évoluer notre industrie. L’Association est l’image du camping au Québec, nous devons être bien représentés; alors c’est important que les membres participent au travail des gens de la permanence. Il est important de garder notre association vivante encore pour plus de 50 années à venir. Elle nous aide à résoudre certains problèmes que, parfois, il serait plus difficile d’affronter seul. On se sent soutenu par une équipe professionnelle. Merci pour votre support et vos encouragements. Continuez à faire votre bon travail. Nous vous remercions d’avoir pensé au Camping Lac des Pins pour votre entrevue.

CQ : Denis, Paulette Sophie et Nancy Rochefort, merci! Laissez-nous vous souhaiter, quatre ans à l’avance, un heureux 50e au Camping Lac des Pins.