Pratique du camping au Québec

Cueillette de champignons

Partager

Et si on allait « chasser » les champignons en forêt

Par Marie-France Gévry, M.Sc. biologiste spécialisée en mycologie
Membre de l'Association pour la commercialisation des produits forestiers non-ligneux (ACPFNL)

Cueillir des champignons revêt un caractère unique, en alliant découverte, plein air et gourmandise. Pour les amateurs de plein air, cette activité ludique et captivante se marie naturellement à d’autres loisirs tels que la randonnée pédestre, la chasse, la pêche ou encore l’ornithologie. « Chasser le champignon » s’avère sans conteste un excellent prétexte pour aller marcher en forêt, ou encore une façon de redécouvrir une forêt sous un autre angle.

Mycotourisme : des champignons pour tous!

La cueillette des champignons sauvages a pris de l’ampleur au Québec depuis les 5 dernières années. Il s’agit d’une activité accessible qui requiert certes des connaissances de base pour l’identification des espèces, mais qui demande en revanche très peu d’équipements. Elle se pratique activement dans toutes les régions, de l’Abitibi à la Côte-Nord, parfois de façon commerciale, mais surtout de façon récréative. Si bien qu’on voit naître une toute nouvelle forme de tourisme autour du produit : le mycotourisme.

Cette nouvelle forme de tourisme gourmand et expérientiel génère des retombées significatives dans certaines régions où des groupes se déplacent par dizaines pour faire l’expérience de la cueillette en forêt. Il s’agit d’une activité de plein air qui s’insère à merveille dans les offres touristiques régionales, et qui donne en quelque sorte une valeur ajoutée « authentique » aux séjours des vacanciers. On retrouve actuellement une offre touristique diversifiée, dans plusieurs parcs aménagés et dans des sites de villégiatures.

 Les campings : des endroits de prédilection pour s’initier

Certains terrains de camping permettent aussi à leurs campeurs de cueillir les champignons qui poussent dans leurs boisés, alors que d’autres l’interdisent formellement. Il vaut mieux s’informer avant de procéder à la cueillette. Lorsque le site le permet, il devient alors fort agréable pour les campeurs d’aller chasser leurs champignons, en fin de journée, pour agrémenter le repas du soir. Avec un peu de beurre dans la gamelle, une poêlée de chanterelles fraîches ou de cèpes vient donner à un banal repas des allures de grand restaurant!
L’art de la cueillette

On ne s’improvise cependant pas cueilleur du jour au lendemain. Les champignons sauvages ne sont pas tous comestibles et seul le cueilleur avisé devrait s’aventurer à en consommer. En effet, il existe au Québec plusieurs espèces toxiques qui peuvent causer de vilaines indigestions, ou même la mort. L’identification peut être difficile pour un débutant, car plusieurs espèces ont des sosies. Néanmoins, des séances d’initiation s’organisent dans toutes les régions du Québec, par le biais de petites entreprises ou des Cercles de mycologie, et permettent aux curieux de s’initier à ce loisir gourmand en toute sécurité.

Le cueilleur qui maitrise l’identification des espèces de champignons sauvages devra aussi respecter l’éthique de la cueillette. Parmi les règles à suivre, pour veiller à assurer la pérennité de la ressource dans son environnement, il est recommandé de ne pas piétiner les talles de champignon et de ne prélever que quelques spécimens d’une talle (laisser minimalement 1/10 de la talle sur pied). Pour veiller à la salubrité et l’innocuité de sa cueillette, il faudra aussi prévoir entreposer les champignons au frais peu de temps après leur cueillette, et éviter tout contact avec des produits indésirables lors de leur transport (cigarettes, essence, etc.).

Certaines espèces, comme les bolets, sont toutefois assez facilement identifiables et peuvent être des bons points de départ pour le cueilleur débutant. Mais dans le doute, il vaudra toujours mieux s’abstenir.

Bonne chasse!

Pour vous initier à la cueillette: 
Guide pour l’identification des champignons comestibles du Lac-Saint-Jean 

Un peu de lecture

Recyclage et compostage

Lire l'article