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Fragile comme Martin

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Chronique de février 2020

Barbu de Ville se décrit comme étant « auteur, gars de shop, propriétaire d'une barbe et d'un chien saucisse. Papa deux fois qui, entre deux chicanes de ses enfants, écrit des nouvelles littéraires, des anecdotes, des récits et fait des podcast! »

En 2019, il est devenu campeur saisonnier au Camping Mirabel et nous fera le récit de ses histoires et de ses péripéties. Suivez-le avec nous dans cette nouvelle aventure!

La vie est fragile, fragile comme un samedi soir après un show à la cabane à sucre Bouvrette! J’pense que c’est pour ça qu’on aime tant le camping, je crois. 

Avec le recul et mon expérience d'une année de camping, je crois qu'on prend le temps de prendre le temps! On prend le temps d'arrêter le temps. On prend le temps de s'amuser, de souper en gang. On donne un sens au bonheur qui nous file entre les doigts. C'est comme si le bonheur avait une roulotte en permanence sur le camping. 

Si vous vous promenez à travers les rangs d'oignons de roulottes, vous allez entendre des milliers de rires. Le plaisir là-bas est organique. Il fait partie du paysage. Pendant les nuits froides, on en profite pour se coller sur le bord du feu. Les enfants en pyjama avec des gros bas de laine, des marshmallows plein la bouche, un petit chocolat chaud « on the side ».

C'était nos fins de soirées… « C'était », comme dans « ce n'est plus ». Ce n'est plus, une fois que la neige de février recouvre nos campings au complet comme une hibernation. On ne peut plus installer notre jeu de washer pour y jouer des tournois internationaux, voir Martin mordre sa langue en lançant son petit washer de métal, boire une p'tite broue au soleil, passer la journée complète dehors, siroter un gin du Québec entre amis.

Pour vous dire la vérité, j’ai vécu ma première année de camping dans le doute. J'ai vécu ma première année de camping avec un virus dans l'estomac qui me faisait saigner de l'intérieur sans le savoir. Je perdais de l'énergie à chaque jour sans le savoir! C'est peut-être pour ça que j'ai perdu tant de games de washer. La vérité se situe entre la vérité et le mensonge.

À chaque fin, il y a un nouveau début. C'est le cercle de la vie, c'est sa nature profonde. Le camping n'est pas différent dans ce sens. Même le monstre dans le lac de Michel se réinvente à chaque printemps que le dieu des monstres amène. Le mensonge se situe quelque part au fond du lac ou peut-être dans le crayon de l'auteur.

Pour dire la vérité, j'avais tellement pas d'énergie que j'étais incapable de passer la tondeuse sur mon peu de gazon. J'étais un zombie. Les matins étaient particulièrement pénibles avec d'horribles maux de tête. J'ai apprécié mon année de camping tout de même. J'ai surtout observé le bonheur tranquille des autres.

La vie, c'est fragile comme le bonheur et vice et versa. Ils sont les deux intimement liés. Je ne suis qu'un humain. Je me questionne depuis longtemps sur la pertinence d'exister. Bon, on est loin du kart de golf, loin du lac.

Cette année, je vais redéfinir qui je suis, devenir une meilleure version de moi-même. Je vais aussi redéfinir ma façon de faire du camping.

Mon projet : visiter des campings au Québec, visiter VOS campings. Idéalement, je voudrais en visiter un par mois de mai à septembre. J'attends vos invitations via [email protected] Et votre camping serait le sujet principal de ma chronique à chaque mois; alors BARBU DE VILLE chez vous avec ses histoires.

Je voudrais aussi faire des épisodes de podcast avec vos habitués et les gens que je vais rencontrer sur place. Aller visiter votre bonheur tranquille, aller prendre une bière avec vous et peut-être même vous battre au washer.

Des fois, il faut changer les choses… La vie chez nous est en mouvance. Je veux me réinventer dans le bon sens. Je ne veux pas être autre chose que moi-même, malgré parfois la déception des autres.

J'ai trouvé mon bonheur tranquille à travers la tempête. La vie va demeurer fragile. 

Alors, si tu veux découvrir mon bonheur tranquille, invite-moi dans ton camping. Nous allons redéfinir ensemble le mot plaisir. Nous allons donner un sens à la vie, rien de moins, et en fin de soirée sur le bord du feu, je vais te raconter des histoires.

Ça sera nos souvenirs communs, un gin, une bière, un feu. Réinventer le monde, parler de tout et de rien.

Nous ne sommes pas infinis, mon ami Martin Lachance lui encore moins. Je lui dédie ce texte.

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